Idées reçues, tabous, stigmatisation : perception des Français sur les troubles dépressifs et impacts sur leur prise en soin
Une étude exclusive menée par OpinionWay pour Inicea révèle que les troubles dépressifs demeurent encore sujets à la stigmatisation, à la minimisation et au tabou – notamment du fait d’un manque de connaissance et d’information. Une réalité qui freine ainsi leur diagnostic et leur traitement.
Étude OpinionWay par Clariane sur la santé mentale
PDF, FR, 0.02Mo
Méconnaissance et manque d’information
Un Français sur quatre pense qu'il suffit de « bonne volonté » pour sortir d’une dépression, un sur cinq que la dépression n’est qu’une forme de tristesse, ou que consulter un psychologue signifie être incapable de gérer ses problèmes. Preuve d’une certaine méconnaissance, ces idées reçues ont pour conséquence de renforcer les stéréotypes et le tabou autour de la prise en soin des personnes concernées.
des Français déclarent que les troubles dépressifs sont considérés comme tabous par les proches (amis, famille, etc.).
Plus de 3 Français sur 5 déclarent avoir souffert ou souffrir personnellement d’une dépression ou connaitre une personne de leur entourage qui souffre ou a souffert d’une dépression.
des personnes concernées par les troubles dépressifs se sont senties jugées par leur famille, 37 % par leurs collègues et 37 % par leurs amis.
Parmi les personnes concernées par un trouble dépressif, seulement 34 % ont vu un médecin généraliste, 32 % un psychologue, et 32 % un psychiatre.
Parmi les personnes concernées par un trouble dépressif, 22 % ont arrêté de travailler (démission ou arrêt maladie) ou arrêté leurs études.
Parmi les personnes concernées par un trouble dépressif, 11 % ont commencé à boire ou augmenté leur consommation d’alcool.
Cette étude révèle plusieurs grands enseignements
1. La dépression reste un sujet largement tabou et minimisé dans notre société.
- 71 % des Français déclarent que les troubles dépressifs sont considérés comme tabous par les proches (amis, famille, etc.).
- À peine un quart des Français connait la prévalence des troubles dépressifs en France. On observe une tendance à la sous-estimation du nombre de Français souffrant de troubles dépressifs au cours de leur vie : 44 % déclarent que la dépression concerne une personne sur dix, 23 % une personne sur cent, et 7 % une personne sur mille.
2. Les Français sous-estiment les causes biologiques de la maladie.
- Un événement traumatisant (accident, deuil, etc.), l’isolement social et le stress constituent les trois causes les plus fréquentes des troubles dépressifs selon les Français.
3. Pour une part non négligeable de Français, le diagnostic n'est pas posé.
- Plus de 3 Français sur 5 déclarent avoir souffert ou souffrir personnellement d’une dépression ou connaitre une personne de leur entourage qui souffre ou a souffert d’une dépression.
- 13 % des sondés déclarent souffrir d’un trouble dépressif au moment de l’étude, 28 % en avoir souffert dans le passé.
- 18 % des personnes déclarant avoir souffert ou souffrir de troubles dépressifs n’ont pas été diagnostiquées, un pourcentage qui grimpe à 28 % chez les moins de 35 ans.
4. Les stéréotypes autour des troubles dépressifs entraînent un jugement voire un rejet des proches, qui peuvent retarder la démarche vers les professionnels de santé.
- Le sentiment de jugement par la famille, les amis ou les collègues parmi les personnes concernées par les troubles dépressifs est partagé dans près de 4 cas sur 10 : 44 % se sont sentis jugés par leur famille, 37 % par leurs collègues et 37 % par leurs amis.
- 30 % se sont même sentis rejetés par leur famille, 24 % par leurs amis.
5. Les conséquences de la dépression des patients sont un enjeu majeur de santé publique et sociétal. Dans le cadre de troubles dépressifs, parmi les personnes concernées :
- 50 % ont pris des anti-dépresseurs 13 % ont eu recours à d’autres médicaments. Soit une proportion significative de patients concernés qui n’ont pas (eu) accès à un traitement approprié.
- Seuls 34 % ont vu un médecin généraliste, 32 % un psychologue, et 32 % un psychiatre.
- 22 % ont arrêté de travailler (démission ou arrêt maladie) ou arrêté leurs études.
- 11 % ont commencé à boire ou augmenté leur consommation d’alcool.
Méthodologie
Cette étude a été menée auprès d’un échantillon de 1 010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence. L’échantillon a été interrogé par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview) entre le 20 et le 28 août 2024.
OpinionWay a réalisé l’étude en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252.
Étude OpinionWay par Clariane sur la santé mentale
PDF, FR, 0.02Mo