Prescription d’activité physique en psychiatrie : une enquête nationale sur les pratiques des professionnels

À l’occasion de la 4ᵉ Journée scientifique Clariane / Université Paris Cité, organisée le 6 octobre 2026, des professionnels du groupe Clariane ont présenté les résultats d’une enquête nationale consacrée à la prescription d’activité physique en psychiatrie. Menée auprès de médecins exerçant dans le secteur de la santé mentale, cette étude met en évidence un décalage entre la reconnaissance des bénéfices de l’activité physique en santé mentale et son intégration dans les pratiques cliniques.


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Une enquête sur les connaissances, croyances et les pratiques de prescription

L’activité physique est reconnue comme une intervention thérapeutique efficace dans plusieurs troubles de santé mentale. Ses bénéfices ne se limitent pas aux mécanismes biologiques, mais intègrent également des dimensions psychosociales, notamment l’estime de soi et le sentiment d’efficacité personnelle.

Malgré les recommandations internationales, sa prescription demeure insuffisamment intégrée aux soins psychiatriques.
Dans ce contexte, des professionnels des directions stratégie et innovation en santé, scientifique et recherche en santé, et médicale de clariane ont mené une enquête nationale afin d’évaluer les connaissances, les croyances et les pratiques des médecins psychiatres en matière d’activité physique.

Réalisée en ligne entre février et juin 2026, l’étude s’appuie sur une version française adaptée du questionnaire Exercise in Mental Illness Questionnaire – Health Professional Version (EMIQ-HP). Au total, 377 professionnels ont répondu. Le questionnaire de 50 questions explorait notamment la formation, la connaissance des recommandations, les pratiques de prescription et les obstacles à l’activité physique chez les personnes présentant des troubles mentaux.

Des bénéfices reconnus, mais des pratiques de prescription hétérogènes

Les résultats mettent en évidence une reconnaissance importante des bénéfices de l’activité physique : 93 % des répondants considèrent qu’elle exerce un effet préventif sur la dépression.

Cependant, seuls 3 % déclarent avoir été formés à sa prescription et 38 % connaissent les recommandations internationales relatives à l’activité physique.

Cette connaissance encore limitée se retrouve dans les pratiques déclarées :

  • 12 % des professionnels prescrivent systématiquement de l’activité physique ;
  • 90 % utilisent la discussion pour aborder sa prescription ;
  • 26 % réalisent des évaluations cliniques en lien avec l’activité physique ;
  • 57 % déclarent ne pas être sûrs de la manière de la prescrire.

L’activité physique occupe par ailleurs le quatrième rang des approches thérapeutiques proposées en santé mentale par les professionnels interrogés, derrière les médicaments, le soutien social et la thérapie cognitivo-comportementale.

Mieux accompagner les professionnels dans la prescription d’activité physique

L’analyse des facteurs associés à une prescription fréquente met notamment en évidence une association avec une meilleure connaissance des recommandations internationales et un nombre moins important d’obstacles rapportés, comme la charge de travail ou les difficultés à savoir comment prescrire.

Ces résultats soulignent l’écart entre la reconnaissance de l’activité physique comme intervention thérapeutique et son intégration effective dans les pratiques de soins.

Les auteurs identifient plusieurs leviers pour favoriser une prescription plus régulière et coordonnée : renforcer la formation des professionnels, clarifier leurs rôles et structurer les parcours d’orientation des patients.

Présentés lors de la Journée scientifique Clariane / Université Paris Cité, ces travaux contribuent à mieux comprendre les pratiques et les freins à la prescription d’activité physique en psychiatrie, ainsi que les pistes d’amélioration de son intégration dans les parcours de soins.

À retenir

  • Une enquête nationale menée auprès de 377 professionnels met en évidence un décalage entre la reconnaissance des bénéfices de l’activité physique en santé mentale et son intégration dans les soins psychiatriques.
  • Si 93 % des répondants lui reconnaissent un effet préventif sur la dépression, seuls 12 % déclarent la prescrire systématiquement et 3 % avoir été formés à sa prescription.
  • Ces résultats soulignent l’intérêt de renforcer la formation et de structurer les parcours d’orientation des patients.