Aidants : mieux les reconnaître, mieux les soutenir

Groupe Clariane

Près d’un Français sur quatre se définit aujourd'hui comme aidant. À l’occasion de la Journée nationale des aidants, Sophie Boissard, directrice générale du groupe Clariane, revient sur un rôle aussi ancien que la famille, mais profondément transformé. Elle présente aussi les relais que Clariane et ses équipes proposent pour que les aidants n’aient pas à tout assumer seuls.

Dans cette vidéo, Sophie Boissard, directrice générale du groupe Clariane, rappelle l’importance du rôle des aidants. Elle évoque les défis démographiques qui pèsent sur ce modèle et la façon dont Clariane se mobilise pour les soutenir.

Un rôle aussi ancien que la famille, profondément transformé

Pour Sophie Boissard, l’aidance n’a rien de nouveau : « Le fait d’être aidant, ce n’est pas quelque chose de nouveau à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Au contraire, c’est le propre même des relations familiales que de s’occuper de ses enfants ou de ses parents vieillissants. »

Ce qui a changé, ce sont les conditions dans lesquelles les aidants exercent ce rôle. « La grande transformation que nous vivons aujourd’hui, c’est l’éloignement des familles et les distances qui séparent souvent l’aidant de l’aidé. » Selon elle, la distance entre les enfants et leurs parents est en France parmi les plus importantes d’Europe, de l’ordre de 200 kilomètres en moyenne.

Les chiffres confirment ce constat. 28 % des Européens interrogés accompagnent régulièrement un proche en perte d’autonomie, en moyenne 13 heures par semaine, alors même que 71 % des aidants sont actifs.* En France, certaines personnes ne se sentiraient pas en mesure d’aider un proche chaque jour. Pour elles, l’éloignement géographique est le premier frein (44 %), devant le manque de compétences (35 %) et le manque de temps (33 %).**

L’engagement reste fort : 62 % des Français se disent prêts à aider un proche dépendant chaque jour ou presque, et jusqu’à 78 % chez les 18-24 ans. Mais 85 % estiment que ce rôle peut pénaliser la vie professionnelle de ceux qui travaillent. Et 80 % pensent qu’il peut affecter la vie familiale et affective.**

Un modèle d’aidance face au défi démographique

« Est-ce que ce modèle d’aidance est armé pour faire face aux défis démographiques des prochaines années, de la prochaine décennie ? », interroge Sophie Boissard. Les défis sont importants : le nombre de personnes du troisième et du quatrième âge augmente mécaniquement. La France compte aujourd’hui plus de personnes de 65 ans et plus que de moins de 18 ans.

Conséquence, souligne-t-elle : le rapport aidants-aidés est « en train de se déformer et d’aller vers le un pour un ». À l’échelle européenne, le nombre d’aidants potentiels âgés de 45 à 64 ans rapporté au nombre de personnes de plus de 80 ans pourrait passer de 6 pour 1 en 2011 à 2 pour 1 en 2050.***

L’Institut Montaigne fait le même constat dans son rapport Longévité en santé (septembre 2026), co-présidée par Sophie Boissard. 61 % des femmes de 50 à 61 ans y sont décrites comme assumant déjà un rôle d’aidant. Le rapport prévoit aussi un recul de l’aide apportée par les proches, sous l’effet de l’évolution des ménages, de l’éloignement entre générations et de la hausse de l’emploi féminin.****

S'appuyer sur les relais professionnels

« Comment faire ? Eh bien, d’abord et avant tout, s’appuyer sur les réseaux d’aidants professionnels qui maillent aujourd’hui notre territoire », répond Sophie Boissard. Réseaux d’aide à domicile, maisons de retraite médicalisées : autant de « points de soutien, d’accueil et aussi de sociabilisation » pour les personnes âgées isolées à leur domicile.

Clariane se mobilise à travers son réseau de maisons de retraite médicalisées. Selon elle, ces établissements ont « un rôle à jouer pour le relais des aidants familiaux. »

Permettre aux aidants de souffler, ponctuellement ou régulièrement, est essentiel pour prévenir l’épuisement et les aider à tenir dans la durée. Les établissements Korian proposent différentes solutions de répit, adaptées aux besoins des personnes accompagnées et aux organisations locales.

En France, en Belgique ou en Allemagne, l’accueil de jour permet à une personne vivant à domicile d’être accompagnée pendant quelques heures ou une journée, tout en continuant à vivre chez elle.

Lorsque le besoin de relais est plus long, les courts séjours et hébergements temporaires offrent une autre possibilité. En France, ils peuvent répondre à l’absence ponctuelle ou au besoin de répit d’un aidant. Ils peuvent aussi accompagner une sortie d’hospitalisation, une période de fragilité à domicile ou une situation de transition. La personne est alors accueillie pour une durée déterminée et bénéficie des soins et de l’accompagnement adaptés à ses besoins.

D’autres modalités existent selon les pays :

  • aux Pays-Bas, le logeerzorg permet un hébergement temporaire de quelques jours ou davantage ;
  • en Espagne, les dispositifs de respiro familiar donnent aux familles la possibilité de passer ponctuellement le relais ;
  • en Italie, des séjours temporaires peuvent répondre à un besoin de répit ou à une situation particulière.

Toutes ces modalités poursuivent un même objectif : proposer des solutions souples, adaptées au quotidien des familles. Les aidants peuvent ainsi souffler ou s’absenter en sachant leur proche accompagné dans un environnement adapté.

Prévenir pour alléger la charge des familles

Soutenir les aidants, c'est aussi agir en amont. Clariane se mobilise « très fortement à travers la prévention sur le vieillir en santé », explique Sophie Boissard, « de façon à ce que chacun puisse avancer en âge le mieux possible, dans l'autonomie et avec moins de charges pour l'environnement familial ».

Sources
* Étude OpinionWay pour Clariane, Panorama européen des aidants, octobre 2025.
** Sondage OpinionWay pour Clariane, Les Français et les difficultés du rôle d'aidant, septembre 2026.
*** Dr Stefan Grund, European trends in life expectancy and disability-free life expectancy – and implications for dependency, congrès EuGMS 2026.
**** Institut Montaigne, Longévité en santé – Prévenir pour mieux vieillir, septembre 2026.