Participation aux programmes numériques de post-réadaptation respiratoire : comprendre les freins
Près d’un patient sur deux refuse encore de participer à un programme de post-réadaptation respiratoire à distance soutenu par une solution numérique (Maintenance Pulmonary Rehabilitation Programme - M-PRP), malgré les bénéfices connus de ces dispositifs. Une étude récente met en lumière les principaux obstacles à cette participation et les profils de patients les plus concernés.
Predictors of and reasons for refusal to participate in a digitally supported remote maintenance pulmonary rehabilitation programme
Synthèse
La réadaptation respiratoire est essentielle pour améliorer l’état de santé et la qualité de vie des personnes atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), mais ses effets s’estompent souvent avec le temps. Pour prolonger ses bénéfices, des programmes de maintien à distance ont été développés, notamment via des outils numériques.
Cependant, beaucoup de patients refusent d’y participer, souvent en raison de barrières liées à l’âge, à la situation sociale ou à la maîtrise du numérique, remettant en cause la généralisation de ce type de programme. Cette étude visait donc à identifier les raisons de refus dans une perspective d’amélioration de l’accès à ces programmes et/ou d’adaptation des parcours de soin.
Principaux enseignements
- En dépit de leur intérêt et de leur efficacité, ce type de programme ne peut pas être appliqué à tous les patients.
- Environ un patient sur deux accepte de participer à un programme de maintien post-réadaptation respiratoire intégrant une solution numérique, tandis que l’autre moitié décline cette proposition.
- Les refus sont plus fréquents chez les patients présentant une maladie respiratoire sévère, un faible niveau de littératie numérique ou un profil de personnalité marqué par le névrosisme.
- Les contraintes perçues du programme (47 %), la volonté de s’exercer seul (45 %) et le manque d’équipement informatique (29 %) sont les principales raisons évoquées.
- La formation aux outils numériques peut être un levier pour augmenter l’accès.
- D’autres alternatives que les programmes de suivi basés sur une solution numérique doivent être proposées pour répondre aux besoins d’un maximum de patients et garantir le maintien des bénéfices des programmes de réadaptation au long court.
À retenir
L’adhésion aux programmes de maintien de post-réadaptation respiratoire ne dépend pas uniquement de la technologie : elle est aussi liée à la personnalité, à la condition clinique et au rapport au numérique. Adapter les outils, mieux accompagner les patients et comprendre leurs freins individuels sont des leviers clés pour renforcer l’efficacité des approches digitales en santé respiratoire.
Méthodologie
Les patients ayant achevé un programme de réadaptation respiratoire ont été contactés pour participer à un programme de suivi numérique à distance sur 12 mois (Maintenance Pulmonary Rehabilitation Programme, M-PRP). Les chercheurs ont recueilli leurs caractéristiques cliniques et sociodémographiques et leur ont fait remplir 11 questionnaires standardisés, portant notamment sur :
- la littératie numérique (Mobile Device Proficiency Questionnaire-16, MDPQ-16) ;
- les traits de personnalité (Big Five Inventory-10, BFI-10) ;
- ainsi que les raisons de refus de participation.
L’objectif était d’identifier les facteurs prédictifs (cliniques, psychologiques ou technologiques) et les motifs déclarés de non-adhésion au programme.