Incendies en Gironde : témoignages des équipes et des résidents
Transcription texte
Des incendies d'un niveau inédit.
On a la situation aujourd'hui qui est la plus dure depuis la 2e Guerre mondiale, 57 000 personnes qui ont été évacuées dans la nuit.
« Oui, allô, résidence Korian Le Chalet, Lena ? Bonsoir. Oui, bonsoir, c'est l'ARS. Vous avez ordre d'évacuer. Il était 22 h 30. »
« Vous avez pas le temps de réaliser, hein ! Ça va vite ! »
« Allez, Monsieur May ! Il faut se lever, on s'en va. Je me suis remué le cerveau. »
« On a fait comme on a pu avec nos trois bricoles dans un sac. »
À partir de ce moment-là, on a 39 résidents à évacuer dans trois endroits différents qui font partie du groupe et on sait pas pour combien de temps.
Nous, on connaît leurs habitudes. Ça, ça a été extrêmement dur. Extrêmement dur parce que c'est des personnes.
« Il faut qu'on organise les transports. Non, elles sont jamais venues sur l'établissement. »
« Alors moi, j'ai été appelée une première fois par le Chalet vers 4 h 30. À chaque fois, j'ai été informée par l'équipe du Chalet un peu en temps réel de ce qui se passait. Ça, c'était… c'était bien de la part de l'équipe. »
« Dès qu'on avait des informations concrètes à donner aux familles, il fallait rappeler toutes les familles. Pour leur dire que leurs parents étaient bien arrivés, bien installés, leur donner le nom de l'établissement, les coordonnées. »
« Il y avait effectivement, entre autres, un grand car qui attendait et donc on est partis. »
Et donc je me suis retrouvé le lendemain. On était à Cenon, je crois même pas eu peur parce qu'on ne savait pas trop où on allait, quoi.
« J'ai été très bien… là, de ce côté-là, je suis bien tombée. »
« La prise en charge par le groupe Inicea a vraiment été extraordinaire, ils ont été hyper bien reçus. »
« Levez le papier, allez, on lève, on lève, on lève, on lève. »
« Moi, je m'occupais d'eux le matin, je leur faisais les soins, je les accompagnais, je discutais avec eux de comment ils vivaient un peu la situation. Ils allaient bientôt retrouver leur chambre, leurs petites habitudes de vie, donc ça les rassure un petit peu. »
« Avec des mots, leur montrer qu'on était là, leur expliquer comment fonctionne une chambre, une sonnette, aussi se présenter à eux. On a fait corps. »
« On avait quand même un grand problème qui est finalement devenu un petit problème puisqu'on savait ce qu'on avait à faire. Ça avait été extrêmement bien anticipé par les EHPAD. Ils sont tous arrivés avec une enveloppe, avec leurs noms, leurs prénoms, leurs photos, également avec leurs dossiers médicaux. »
« Et en fait, c'était devenu les stars. »
« Je vous appelle pour savoir si vous êtes disponible pour venir travailler en renfort cette nuit. »
« On a reçu des appels des collaborateurs qui travaillent sur place, savoir si on avait besoin d'aide. »
« Je me voyais mal rester chez moi à me tourner les pouces, à me croiser les bras. Donc j'ai accompagné 12 résidents à la clinique Marienia à Cambo-les-Bains. »
« Tout va bien ? Oui. »
« Je suis partie le mercredi matin et je suis rentrée que le lundi d'après. J'ai laissé le chat, l'homme, l'enfant à la maison. »
« J'avais appelé au départ pour ma mère, finalement, on a rempli la voiture avec, euh, des sacs pour les 10 personnes qui étaient là-bas. »
« C'était un moment finalement difficile, mais finalement agréable, bizarrement. »
On a contribué à quelque chose dans un intérêt commun, mais on y a participé.
« J'ai été content de revenir ici. »
« On est très heureux de les retrouver. C'est vrai que c'est un métier qui dépasse le stade de métier. »
« Ça a été comme une promenade finalement. »