« La bientraitance, c’est d’abord oser parler de la maltraitance »
Le professeur Antoine Piau, directeur médical de Clariane, revient sur une notion souvent mal comprise : la maltraitance. Qu’elle soit volontaire, issue d’une maladresse ou d’une simple négligence, elle interroge notre rapport à la bientraitance. Pour lui, en parler sans tabou est la première condition du progrès collectif.
Bientraitance : comprendre, nommer, agir
« La maltraitance, cela inclut de fait la violence, mais aussi la maladresse ou la négligence, même lorsqu’elles sont animées de bonnes intentions. »
Le professeur Antoine Piau illustre cette réalité par des situations du quotidien : une façon de s’adresser à une résidente qui n’est pas appropriée, ou un verre d’eau déposé hors de portée d’une personne dépendante. » Des gestes anodins en apparence, mais qui traduisent un rapport déséquilibré et une atteinte à la dignité.
La maltraitance, rappelle-t-il, existe partout : à domicile, en établissement, et même dans les structures les plus exigeantes. Viser le « zéro maltraitance » est une ambition nécessaire, mais croire qu’elle est totalement atteignable serait une illusion, voire un danger car elle peut inciter des équipes, face à des injonctions irréalistes, à minimiser les incidents ou à ne pas les déclarer.
Le véritable enjeu réside dans la transparence et la culture du signalement, afin de reconnaître les situations, sans honte, et d’engager une démarche d’évaluation et d’amélioration continues.
La bientraitance commence quand on accepte de parler de la maltraitance, sans la nier ni la dissimuler.
Professeur Antoine Piau