L’impact du vieillissement sur les dépenses de santé
Le vieillissement rapide de la population française redessine profondément les besoins en soins et la soutenabilité du système de santé. Pour en mesurer les effets, Clariane et le cabinet Asterès ont estimé l’impact mécanique du vieillissement sur les dépenses de santé d’ici à 2050. L’étude projette, à structure d’offre et de consommation inchangée, l’évolution des coûts liés à cette transition démographique majeure. Elle met ainsi en évidence les postes les plus exposés et invite à repenser dès aujourd’hui la planification des ressources en santé.
L’impact du vieillissement sur les dépenses de santé
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Les défis économiques et structurels du vieillissement
Selon les projections « le seul effet du vieillissement » entraînerait une hausse de 13 % des dépenses de santé d’ici 2050, soit 41 milliards d’euros supplémentaires. Cette dynamique, accentuée par l’augmentation de la population, pèsera particulièrement sur l’hôpital, le transport sanitaire et les dispositifs auditifs. L’étude éclaire les défis économiques et structurels du vieillissement, dans un pays où la santé représente déjà plus de 12 % du PIB.
milliards d’euros : niveau actuel des dépenses de santé en France en 2023.
d’ici à 2050 : augmentation des dépenses de santé sous l’effet mécanique du vieillissement, soit +41 milliards d’euros.
d’augmentation des dépenses de santé d’ici à 2050 si l’on intègre la croissance démographique, soit +46 milliards d’euros.
d’augmentation attendue pour les dépenses hospitalières à l’horizon 2050.
d’augmentation pour les dépenses d’audioprothèses, le poste le plus dynamique.
Les plus de 60 ans représentent 50 % des dépenses de santé pour 25 % de la population.
Cette étude révèle plusieurs grands enseignements
- Un vieillissement accéléré : les plus de 65 ans représenteront 27 % de la population en 2050, contre 21 % aujourd’hui.
- Un effet mécanique fort : à structure inchangée, le vieillissement seul ferait grimper les dépenses de santé de 13 % d’ici à 2050.
- Une hausse amplifiée par la croissance démographique : en tenant compte de l’évolution de la population, la hausse atteindrait +14 %.
- Des dépenses hospitalières en première ligne : +6 % dès 2030, +13 % en 2040 et +16 % en 2050.
- Des soins auditifs en forte expansion : +12 % dès 2030 et +32 % en 2050, reflet du poids croissant des pathologies liées à l’âge.
- Des transports sanitaires sous tension : +7 % en 2030 et +17 % en 2050, traduisant une mobilité accrue des patients âgés.
- Une dépense concentrée sur les seniors : les plus de 60 ans représentent déjà environ 50 % des dépenses de santé, pour un quart de la population.
- Un enjeu macroéconomique majeur : avec 12,3 % du PIB consacrés à la santé, la France se place au deuxième rang européen.
- Une nécessité d’anticipation : ces évolutions appellent à repenser la répartition des soins, la prévention et la coordination du parcours patient.
Méthodologie
On entend par « dépenses de santé » les Dépenses courantes de santé au sens international (DCSi). En 2023 en France, celles-ci s’élevaient à 325 milliards d’euros. Pour calculer les futures dépenses de santé, la projection réalisée par Asterès postule que les dépenses de santé par habitant et par âge sont fixes dans le temps, seule la pyramide des âges évolue. Données et calculs intermédiaires La projection repose principalement sur des données publiques de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui ont été retraitées par Asterès. Les publications de la Drees sont utilisées pour les dépenses de santé par âge.
À partir du PMSI (programme de médicalisation des systèmes d’information) et de DCIR (Datamart de consommation inter-régime), la Drees a publié des données détaillées pour l’année 2017 concernant les dépenses moyennes par consommant et les taux de recours par classe d’âge. Ces données ont été utilisées par Asterès pour estimer les écarts de dépenses moyennes par âge. Ces écarts sont présentés pour un indice 100 pour les 41 – 50 ans. Le total ne couvrant pas l’ensemble des dépenses de santé et les données datant de 2017, seul le différentiel a été conservé pour la suite et ces dépenses ont été projetées sur le montant total du DCSi en 2023. Concernant les données de l’Insee, Asterès a retenu le scénario « central » des projections qui reposent sur des tranches d’âge de 5 ans (0-4 ans, 5-9 ans, 10-14 ans, etc.). Les tranches étant décalées d’un an par rapport aux données sur les dépenses moyennes de santé et par âge, Asterès a postulé que la différence était négligeable. En d’autres termes, les dépenses par personne pour les 11 – 20 ans ont été considérées comme utilisables pour estimer les dépenses par personne pour les 10 – 19 ans.
Vieillissement et dépenses de santé
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